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AI Voice AudioBook: Napoléon et Alexandre Ier (2/3) by Albert Vandal

AudioBook: Napoléon et Alexandre Ier (2/3) by Albert Vandal

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NAPOLÉON ET ALEXANDRE Ier

TOME SECOND

NAPOLÉON ET ALEXANDRE Ier

L'ALLIANCE RUSSE SOUS LE PREMIER EMPIRE

II

1809.--LE SECOND MARIAGE DE NAPOLÉON DÉCLIN DE L'ALLIANCE

PAR

ALBERT VANDAL

Troisième Édition

PARIS

LIBRAIRIE PLON E. PLON, NOURRIT et Cie, IMPRIMEURS-ÉDITEURS RUE GARANCIÈRE, 10

1894

NAPOLÉON ET ALEXANDRE Ier

CHAPITRE PREMIER

LE LENDEMAIN D'ERFURT

Intentions respectives de Napoléon et d'Alexandre au sortir d'Erfurt.--Offres de paix à l'Angleterre.--Napoléon veut soumettre l'Espagne par les armes et comprimer l'Autriche par la terreur.--Raisons qui lui font détester l'idée d'une nouvelle guerre et de nouvelles victoires en Allemagne.--Il craint notamment de réveiller la question polonaise, qui peut le brouiller avec la Russie.--Quelle est à ses yeux la grande utilité de l'alliance.--Instructions à Caulaincourt.--Projets ultérieurs: la Méditerranée et l'Orient.--Tendance d'Alexandre à s'isoler de l'Europe.--Son imagination se détourne de l'Orient.--Influence dominante de Spéranski.--Passion réformatrice.--Spéranski et l'alliance française.--Erreur persistante sur les dispositions de l'Autriche.--Souvenir reconnaissant pour Talleyrand; l'empereur Alexandre lui donne une famille.--Roumiantsof à Paris.--Campagne de Napoléon au delà des Pyrénées.--Résultats incomplets.--Retour à Valladolid.--Mouvements de l'Autriche.--Napoléon s'opiniâtre à l'idée de contenir et d'immobiliser l'Autriche par la main de la Russie.--Rapprochement historique.--Occupations d'Alexandre pendant la campagne d'Espagne.--Situation brillante de Caulaincourt.--Propos de salons.--Arrivée du roi et de la reine de Prusse; importance attribuée à leur voyage.--Napoléon torture la Prusse; protestation d'Alexandre.--Confiance de nos ennemis dans le pouvoir de la reine Louise.--Le ménage impérial.--Souhait de nouvel an adressé par Napoléon à Alexandre.--La reine Louise chez l'ambassadeur de France.--Le Roi détruit l'intérêt qu'inspire la Reine.--Réapparition et triomphe de la favorite.--La politique pendant le voyage.--Napoléon requiert le concours diplomatique d'Alexandre contre l'Autriche.--Le Tsar persiste dans un système de demi-mesures.--La note identique.--Lettre explicative à Roumiantsof.--Le prince de Schwartzenberg à Pétersbourg.--Alexandre encourage l'Autriche à la guerre en croyant l'en détourner.

I

A Tilsit, Alexandre Ier avait dit à Napoléon: «Je serai votre second contre l'Angleterre.» A Erfurt, il lui avait renouvelé ce serment, en termes solennels, par traité, et les deux empereurs s'étaient promis de vaincre ensemble celle qu'ils avaient désignée «comme leur ennemie commune et l'ennemie du continent[1]». Ils offriraient d'abord la paix à l'Angleterre, la sommeraient de reconnaître la part que l'un et l'autre s'étaient faite dans l'Europe transfigurée. Si l'adversaire refusait, ils resteraient unis dans la lutte et la poursuivraient avec toutes leurs forces jusqu'à ce qu'elle eût procuré la paix dont ils avaient à l'avance arrêté les bases. Toutefois, ayant posé ce principe, ils n'avaient réussi qu'imparfaitement à en déduire l'application sous forme d'engagements précis et de règles communes; en réalité, si leurs volontés tendaient encore au même but, elles ne s'accordaient plus sur les moyens de l'obtenir, et bien différente était la conception que l'un et l'autre se faisaient de l'avenir. Napoléon ne voyait que la guerre pour conquérir la paix, une paix telle qu'il la voulait et qui serait la consécration de ses conquêtes; Alexandre espérait que la paix viendrait par l'entente et l'accord des volontés.

Dès le retour à Paris, Napoléon fit connaître son programme. L'Espagne, ce talon d'Achille de l'Empire, devait être soumise par les armes. Le repos de l'Europe dépendait de cette conquête. La défaite de la nation espagnole par les armes françaises serait, pensait-il, une garantie de paix pour le continent. S'il avait l'Europe entière sous sa loi, l'Angleterre finirait par se soumettre. Il fallait dompter l'Espagne, et pour cela il devait y concentrer ses forces. Il était déterminé à y retourner dès le printemps.

Mais cette nouvelle guerre, si nécessaire qu'elle lui parût, n'était pas sans inconvénients. Napoléon détestait l'idée de nouvelles campagnes en Allemagne. Il en craignait les hasards, mais surtout il craignait ce que de nouvelles victoires pourraient entraîner. Sa grande utilité dans l'alliance russe était de servir de contrepoids à l'Autriche. Si, par une série de victoires rapides, il venait à écraser l'Autriche, la Russie n'aurait plus besoin de lui; son rôle serait fini, et Alexandre, débarrassé de la crainte d'un voisin trop puissant, reviendrait sans peine à ses tendances naturelles. Le plus grand danger, aux yeux de Napoléon, était de réveiller la question polonaise. Il s'était engagé formellement à ne rien tenter pour la résurrection de la Pologne. Mais si l'Autriche était vaincue, il pourrait se croire autorisé à créer un royaume de Pologne à ses dépens, pour prix de son concours et pour compenser les sacrifices qu'elle aurait faits en faveur de la France. Or, toute pensée polonaise faisait horreur à Alexandre. L'idée de voir un jour une Pologne restaurée, avec un faible gouvernement faible, aux portes de ses États, lui rappelait sans cesse les révoltes de ses sujets polonais.

L'alliance, pour Napoléon, avait un autre avantage qu'il tenait à conserver: elle était son meilleur moyen de contenir l'Autriche. C'était par la menace de l'alliance russe que Napoléon comptait tenir l'Empereur François en respect. Il ne voulait pas combattre l'Autriche seul; il voulait la combattre avec le concours de la Russie, ou du moins sous la menace de son intervention. C'est pourquoi il chargeait Caulaincourt de réitérer à Saint-Pétersbourg les assurances de son dévouement à l'alliance, et de bien faire comprendre que tout mouvement de l'Autriche serait interprété comme un acte d'hostilité concertée.

Dans ses instructions au Duc de Vicence, il disait: «Je serai bientôt en Espagne. L'Autriche, j'en suis sûr, ne bougera pas. Mais s'il arrivait, contre toute attente, qu'elle se mît de la partie, il faudrait que vous agissiez, et que vous la menaciez au nom de l'Empereur Alexandre, afin qu'elle rentre dans son devoir. La Russie est garante de la paix du continent. J'ai besoin de croire que je peux compter sur l'alliance pour la conserver.»

Napoléon rêvait d'autre part d'étendre l'alliance jusqu'à la Méditerranée et à l'Orient. Il ne s'agissait plus de concert contre l'Angleterre, mais d'une action commune contre la Turquie et l'Autriche. Il voyait dans la Russie son auxiliaire nécessaire pour réaliser ces grands projets, et il ne voulait rien faire qui pût alarmer son allié.

De son côté, l'Empereur Alexandre avait ramené d'Erfurt une impression de grandeur et de calme. Il commençait à se lasser de la scène européenne. Il désirait se retirer dans ses vastes possessions, s'y occuper de l'administration et des réformes dont son empire avait besoin. Son imagination, qui jadis l'entraînait vers l'Orient, se détachait des rêves orientaux. Il s'était trouvé un guide, un maître en la personne de Spéranski. Ce jeune homme, d'une intelligence vive et d'une éloquence entraînante, avait pris une influence dominante sur le Tsar. Il était passionné par les idées de réforme, nourri des classiques allemands et anglais, et il voyait dans l'alliance française un moyen de moderniser son pays et de l'arracher à l'antique barbarie.

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