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AI Voice AudioBook: Clovis, Tome 2 (of 2) by Godefroid Kurth

AudioBook: Clovis, Tome 2 (of 2) by Godefroid Kurth

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CLOVIS

LIVRE IV

I

LA GUERRE DE BURGONDIE

Maître du royaume le plus vaste et le plus solide de l'Europe, Clovis était devenu l'arbitre de l'Occident. Seul, parmi les souverains de son voisinage, il se sentait vraiment roi. Les Francs barbares vénéraient en lui le représentant le plus glorieux de leur dynastie nationale; les Francs de race Gallo-Romaine le saluaient comme le défenseur de leur foi et de leur civilisation. Il pouvait, sans inquiétude, tourner toute son attention du côté du midi; en arrière de lui il n'avait que des alliés, dans son royaume que des sujets fidèles. Il n'en était pas de même de ses voisins, les rois visigoths, ostrogoths ou burgondes. En Burgondie, tout spécialement, le trône était assiégé de soucis sans nombre, et le roi ne pouvait envisager sans inquiétude l'avenir de la dynastie. Les troubles confessionnels étaient à l'ordre du jour, la défiance sévissait entre indigènes et barbares; au sein de la famille royale elle-même régnaient des dissensions fatales. Il y avait là autant d'invitations tacites à l'intervention étrangère. Jeune, ambitieux, chef d'un peuple belliqueux, conscient du courant de sympathies qui du fond des royaumes ariens dirigeait vers lui les espérances catholiques, Clovis ne pouvait manquer de répondre avec empressement à un appel explicite qui lui viendrait de Burgondie. Cet appel ne tarda pas à se faire entendre, et il partit de la dynastie burgonde elle-même.

Le roi Sigismond, qui régnait en Burgondie, était catholique. Son père, Gondebaud, n'avait pas seulement protégé l'Église, il lui avait accordé des faveurs notables. Il avait été, comme on sait, l'un des principaux chefs de la coalition qui s'était formée contre Clovis après la bataille de Tolbiac. Mais après la défaite d'Anicien, Gondebaud s'était fait humble devant le vainqueur. Il avait reconnu la suzeraineté de Clovis et lui avait promis un tribut annuel. Ce tribut n'avait pas tardé à être suspendu, sous prétexte d'une crise économique que traversait le royaume.

Dans le cœur de Sigismond, le zèle orthodoxe faisait plus que lutter contre l'esprit de corps germanique. Il avait épousé, non sans peine, une princesse franque, fille d'un des frères de Clovis. Cette alliance conjugale, que le roi burgonde avait cherchée, semble avoir été un lien d'affection réciproque. Sigismond se plaisait à la compagnie des Francs, et il en recevait des éloges. Les mêmes sources qui nous renseignent sur son mariage nous apprennent qu'il aimait l'étude, la lecture, la composition de poèmes, et que, se communiquant avec les évêques, il donnait aux prêtres des dons libéraux. Clovis avait sans doute su exploiter ce penchant pour le catholicisme, si rare chez les rois barbares, et ces dispositions au respect pour la religion de l'Église. Il avait encouragé l'époux de sa parente, et peut-être était-il, par intermédiaire d'elle, devenu l'ami de Sigismond.

Mais cette amitié, si elle fut sincère, ne suffit pas à expliquer la rapidité et la violence de l'intervention de Clovis. Il y a un motif bien plus puissant qui le poussait vers la Burgondie, c'est la haine que son beau-frère portait à son propre père, Gondebaud.

Gondebaud avait été un homme de sang. Loin de renoncer à l'homicide quand il fut devenu roi, il avait fait massacrer tous ses frères pour assurer l'avenir de ses enfants. Il ne lui restait plus qu'un seul frère, qu'il tenait en prison à Avignon. Il avait en effet fait emprisonner tous ses frères ; tous étaient morts, excepté l'un d'eux, qui était gardé à vue dans une forteresse.

Le prince Sigismond, animé d'un zèle religieux nouveau, ne pouvait se consoler du sort de ses oncles. Il se souvenait que les cinq frères de Gondebaud avaient été rois, que Gondebaud seul avait survécu, et que, si l'on en croit la tradition, les chefs burgondes, pour se débarrasser de lui, avaient fait appel au roi des Francs, lequel, d'ailleurs, avait refusé d'intervenir. Mais la tradition n'est pas la seule source qui nous renseigne sur les rapports entre Gondebaud et Sigismond ; les historiens contemporains, et Grégoire de Tours en tête, nous révèlent, de manière plus précise, les luttes intestines qui déchiraient la famille régnante.

« Le fils de Gondebaud, Sigismond, était, nous dit l'évêque de Tours, dans une profonde tristesse au sujet de son père et de ses oncles. »

Sigismond avait, en effet, une rancune tenace. En 489, le chef burgonde avait fait massacrer trois de ses frères, Chilperic, Godomar et Gondebod. Le plus jeune, Godegisèle, avait réussi à s'échapper de leur pays et s'était réfugié chez les Francs, où il avait été accueilli par Clovis. Sigismond avait peut-être été étranger au meurtre de ses oncles, mais il devait haïr son père de ce qu'il avait fait subir à sa mère, qui était morte de douleur, peu après ce crime.

Le fils de Sigismond, qui s'appelait Sigéric, nourrissait aussi des rancunes contre Gondebaud. Sigéric était un enfant à peine sorti de l'enfance, mais il avait la haine au cœur. Et, en effet, Gondebaud avait fait assassiner son propre père, dont Sigismond était le fils.

En présence de ces luttes, il n'est pas étonnant que Sigismond ait cherché un appui chez son beau-frère. Les dissensions familiales étaient publiques, et il est probable que Clovis en avait eu connaissance par l'intermédiaire de sa sœur. Quoi qu'il en soit, le roi des Francs fut bientôt mis au courant des projets de Sigismond, et il se réjouit de l'occasion qui lui était offerte d'intervenir dans les affaires burgondes.

Le roi Sigismond, ayant réglé les affaires de son propre royaume, s'adressa à Clovis pour le prier de l'aider dans l'exécution de son dessein. Mais il ne lui demanda point d'attaquer son propre père, Gondebaud. Il lui demanda, au contraire, de l'aider à délivrer son oncle, le plus jeune des frères de Gondebaud, qui était tenu en prison.

Clovis se rendit immédiatement à la requête de Sigismond. Il ne se contenta pas d'envoyer des troupes en Burgondie, il y alla lui-même à la tête de son armée. Il prit d'abord la route de la Gaule lyonnaise et marcha vers la Suisse, où se trouvait la forteresse où était détenu l'oncle de Sigismond. Clovis s'empara de la forteresse, délivra le prisonnier, et le remit entre les mains de Sigismond. Ce fut un triomphe complet.

Mais les Francs, qui avaient accompagné Clovis dans cette expédition, commirent des excès qui ne tardèrent pas à provoquer des récriminations de la part des seigneurs burgondes. Clovis avait établi sa résidence à Genève, et de là il rayonnait sur la contrée. Les Francs, sans permission, s'introduisirent dans les maisons des habitants, et, suivant leur coutume, se livrèrent au pillage. La propriété, la chasteté des femmes, tout fut violé.

Sigismond fut pris d'une vive inquiétude. Il craignait, et il avait raison de le craindre, qu'une telle conduite de la part des Francs ne lui aliénât l'affection de ses sujets. Il essaya de faire réparer les torts causés par ses auxiliaires. Il faisait payer, de sa propre bourse, les objets volés, et il s'efforçait de ramener à lui les populations. Mais il ne put empêcher les plaintes. Le souvenir de la cruauté de Gondebaud était grand, mais le pillage des Francs et la violence de leurs soldats ne devaient pas tarder à lui faire regretter leur présence.

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