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AI Voice AudioBook: Mémoires de Hector Berlioz by Hector Berlioz

AudioBook: Mémoires de Hector Berlioz by Hector Berlioz

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MÉMOIRES DE HECTOR BERLIOZ

I

LA CÔTE SAINT-ANDRÉ. — MA PREMIÈRE COMMUNION. — PREMIÈRE IMPRESSION MUSICALE.

J'ai reçu de mes parents une constitution nerveuse et ardente, qu'ils tenaient eux-mêmes de leur race. Mon père était un médecin fort distingué, d'une intelligence vive, d'un esprit droit, mais peut-être un peu trop attaché aux idées de province et à ce que l'on nomme le bon sens. Ma mère, au contraire, était une femme d'imagination, passionnée, rêveuse, d'une sensibilité exquise, quoique toute son éducation et son éducation d'autrefois l'eussent retenue dans les limites de la plus stricte orthodoxie. Elle avait beaucoup de talent pour la musique, jouait du piano avec beaucoup de goût, et possédait une voix charmante. Elle m'adorait, et je lui rendais cet amour avec la ferveur d'un enfant.

Je suis né le 11 décembre 1803, à La Côte-Saint-André, petite ville du Dauphiné, située entre Lyon et Grenoble. Mon enfance fut heureuse ; mes jeux étaient simples, mais mon imagination travaillait beaucoup. Je rêvais, je lisais, je composais.

Ma première communion eut lieu à l'âge de douze ans. Ce fut un événement important dans ma vie. La veille, je me suis confessé avec une ferveur que je n'ai plus jamais retrouvée. Je me suis agenouillé devant le prêtre, et je lui ai avoué, avec larmes et sanglots, tous les péchés que j'avais pu commettre, sans oublier la plus petite faute. Il m'a absous, et j'ai passé la nuit dans une agitation religieuse et poétique. Le lendemain, je me suis approché de la sainte table avec un recueillement absolu, et je crois que j'ai reçu la communion avec plus de foi que je n'en ai eu depuis. Ce jour-là, j'ai senti une sorte d'illumination.

Mon père m'emmena voir, à Grenoble, un opéra. C'était la première fois que j'entendais de la musique jouée par un orchestre complet. Je ne sais plus quel était l'opéra, ni les chanteurs, mais l'impression fut si vive, si profonde, qu'elle me sembla un éclair céleste. Je me souviens d'avoir été saisi d'une émotion si violente que je sentis une sorte de délire m'envahir. Depuis ce jour, la musique est devenue ma passion dominante. J'avais trouvé ma vocation.

II

MON PÈRE. — MON ÉDUCATION LITTÉRAIRE. — MA PASSION POUR LES VOYAGES. — VIRGILE. — PREMIÈRE SECOUSSE POÉTIQUE.

Mon père, comme je l'ai dit, était un homme de science et de raison. Il voulait que je fisse des études sérieuses et que je devienne médecin. Il voyait dans la musique un passe-temps, une distraction, mais non une carrière. Il m'a donné une excellente éducation littéraire, m'a fait lire les classiques grecs et latins, et m'a encouragé dans mes goûts pour l'étude.

Je lisais avec avidité tout ce qui me tombait sous la main. J'étais passionné par les livres d'histoire, de géographie, de voyages. Les récits d'aventures, les descriptions de paysages lointains, tout cela enflammait mon imagination. J'avais un désir ardent de voyager, de voir le monde, de découvrir de nouveaux horizons.

Virgile était mon auteur préféré. J'aimais la simplicité de son style, la beauté de ses descriptions, et surtout l'âme de sa poésie. Ses Bucoliques et ses Géorgiques me transportaient dans la campagne romaine, et je rêvais de paysages idylliques. J'ai appris par cœur de longs passages de l'Énéide, et j'essayais d'imiter son style dans mes premières tentatives littéraires.

C'est Virgile qui m'a donné ma première secousse poétique. Un jour, je lisais à voix haute le passage où Didon se lamente sur l'absence d'Énée. Je fus tellement ému que je me mis à pleurer à chaudes larmes, incapable de continuer ma lecture. C'est à ce moment que j'ai senti que j'étais destiné à la poésie, ou du moins à l'expression des sentiments les plus profonds.

III

MEYLAN. — MON ONCLE. — LES BROQUINS ROSES. — L'HAMADRYADE DU SAINT-EYNARD. — L'AMOUR DANS UN CŒUR DE DOUZE ANS.

Ma famille possédait une petite propriété à Meylan, près de Grenoble, où nous passions l'été. Mon oncle, frère de ma mère, vivait avec nous. Il était un homme simple, bon, qui aimait la nature et les plaisirs modestes. Il était mon confident, et nous passions de longues heures à nous promener dans les bois et les champs.

Un jour, il m'a offert une paire de broquins roses, chaussures légères et élégantes, que j'ai mises avec une grande fierté. Ces chaussures sont devenues le symbole de mon premier amour.

J'avais douze ans, et je suis tombé éperdument amoureux d'une jeune fille qui habitait près de Meylan. Elle était d'une beauté simple, mais son regard avait quelque chose de mystérieux qui m'a fasciné. Je l'imaginais une hamadryade, une dryade des bois, et je passais des heures à rôder autour de sa maison, espérant l'apercevoir.

Je lui ai écrit des lettres enflammées, pleines de vers malheureux et de protestations d'amour éternel. Elle ne comprenait rien à mes élans, et je crois qu'elle me trouvait ridicule. Je me souviens d'une scène où, vêtu de mes broquins roses, je tentais de lui réciter un poème. Elle éclata de rire, et ce rire me brisa le cœur.

Cet amour, bien que naïf et enfantin, fut pour moi une expérience profonde. Il m'a appris ce que c'était que la passion, la jalousie, le désespoir. J'ai composé des airs mélancoliques sur ce thème, et j'ai senti pour la première fois l'alliance de la musique et du sentiment amoureux.

IV

PREMIÈRES LEÇONS DE MUSIQUE, DONNÉES PAR MON PÈRE. — MES ESSAIS EN COMPOSITION. — ÉTUDES OSTÉOLOGIQUES. — MON AVERSION POUR LA MÉDECINE. — DÉPART POUR PARIS.

Mon père, voyant mon engouement pour la musique, décida de me donner des leçons. Il m'a appris les rudiments de la solfège, et j'ai vite appris à lire la musique. Il m'a ensuite montré les bases de l'harmonie, et je me suis mis à composer des petits morceaux, des mélodies simples que je jouais au piano.

Mes essais en composition étaient maladroits, mais pleins de fougue. Je voulais imiter tout ce que j'entendais, les opéras que j'avais entendus, les airs religieux que je connaissais. Mon père, tout en étant indulgent, me rappelait sans cesse que la musique ne devait pas prendre le pas sur mes études de médecine.

À quatorze ans, je suis entré en classe d'anatomie. Mon père m'avait préparé des cours particuliers avec un professeur de Grenoble. Je devais étudier l'ostéologie, l'étude des os. Ces leçons furent un supplice. Je ne pouvais supporter l'idée de disséquer, de toucher à la chair morte. L'aspect des corps, les instruments macabres, tout cela m'horrifiait. Je me sentais étranger à ce monde de la matière, tandis que mon esprit s'envolait vers le monde des sons.

Je résistais, je simulais la maladie, j'essayais d'échapper à ces études. Mon père commençait à s'inquiéter de mon manque d'enthousiasme. Il me disait : "Tu as un bel esprit, mon fils, mais tu dois choisir une carrière sérieuse. La musique ne nourrit pas son homme."

Malgré ses réticences, mon désir d'étudier la musique à Paris devint irrésistible. Je suppliai, j'implorai, je menaçai de me laisser mourir de faim si on ne m'envoyait pas. Finalement, vaincu par mon obstination, mon père accepta de m'envoyer à Paris pour étudier la médecine, mais avec la permission secrète de suivre des cours de musique. Ce fut une concession précieuse, obtenue au prix de larmes et de promesses. En novembre 1821, à l'âge de dix-huit ans, je quittai La Côte-Saint-André pour la capitale.

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