Livre numérique gratuit, voix IA, livre audio : Tartarin de Tarascon par Alphonse Daudet

Livre audio : Tartarin de Tarascon par Alphonse Daudet
0:00 / Unknown
Loading QR code...
Vous pouvez écouter le contenu intégral de Tartarin de Tarascon par Alphonse Daudet dans notre application AI Voice AudioBook sur iOS et Android. Vous pouvez cloner n'importe quelle voix et créer vos propres livres audio à partir de livres numériques ou de sites Web. Téléchargez maintenant depuis l'App Store mobile.
Écoutez le livre audio : Tartarin de Tarascon par Alphonse Daudet
TARTARIN DE TARASCON
PAR
ALPHONSE DAUDET
PREMIER ÉPISODE: A TARASCON
I. Le jardin du baobab.
Tartarin de Tarascon, qui habitait, dans cette bonne ville, une maisonnette coquette, à la fraîcheur parfumée, précédée d’un jardin où croissait un baobab, avait, depuis quelque temps, des ennuis dans l’âme.
Il était fort et bien portant, mais sa santé morale se ressentait de l’ennui qui était, pour les habitants de Tarascon, le plus grand fléau.
Tartarin avait fait toute sa carrière de chevalier sans avoir jamais tiré l’épée.
Aussi, quand il se voyait dans le miroir, s’écriait-il : « Ah ! Tartarin, Tartarin ! Quel homme tu aurais pu être ! »
Et il se rappelait alors les exploits de ses héros, d’Alexandre, de Bayard, du comte de Brimont, du capitaine du Triton, de tous ces grands hommes qui avaient fait la gloire de la France et l’ornement de l’humanité.
Le baobab, planté par son grand-père au milieu du jardin, lui rappelait son grand-père, ce brave Tartarin, qui avait fait la guerre d’Espagne, et qui, pendant le siège de Tarragone, s’était, au milieu des balles, promené sur les remparts avec une assiette de melon.
C’était là un spectacle bien propre à faire réfléchir un homme de la trempe de Tartarin.
« Mon grand-père, se disait-il, a fait la guerre d’Espagne ! Et moi ! Moi, je n’ai jamais fait la guerre ! »
Il allait au cercle, et dans ce lieu auguste, il lisait les journaux. Les journaux parlaient de l’Algérie, des Maures, des lions.
« Les lions ! » disait Tartarin. « Ah ! les lions ! Voilà ce qui me manque. Il faut que j’aille chasser les lions. »
Il avait lu dans les journaux qu’il y avait, en Afrique, des lions d’une férocité terrible, des lions qui dévoraient les hommes et qui, tout en mangeant, savaient jouer de la mandoline.
« Les lions ! » répétait-il. « Il faut que j’aille chasser les lions. »
Et il s’exerçait. Il prenait son fusil, ce beau fusil qu’on lui avait légué, et il tirait sur le baobab.
Le baobab, ce pauvre arbre, en prenait fort peu en patience, mais Tartarin se consolait de ne pouvoir tirer sur un lion.
II. Coup d'oeil général jeté sur la bonne ville de Tarascon; les chasseurs de Casquettes.
Tarascon, bonne ville du Midi, était, comme toutes les villes du Midi, une ville de plaisir et de chasse.
Toutes les maisons avaient un jardin, et dans tous les jardins on buvait du vin et on mangeait des olives.
Quand on ne chassait pas, on fumait la pipe, ou bien on regardait passer les gens.
Mais, il y avait à Tarascon une race particulière de chasseurs : les chasseurs de casquettes.
Ceux-là, quand ils ne trouvaient rien à tirer, tiraient sur les casquettes des passants. C’était une chasse assez inoffensive, mais qui, cependant, causait quelques désagréments aux voyageurs.
Tartarin, qui se croyait l’égal des plus grands chasseurs, méprisait ces passe-temps puérils.
« Tirer sur une casquette ! » s’écriait-il, avec indignation. « Moi, je ne chasse que le gibier de haut fardeau, le gibier de cœur, le gibier de panache ! »
Et il se retirait dans son jardin, près de son baobab, pour rêver d’Afrique et de lions.
III. Nan! nan! nan! Suite du coup d'oeil général jeté sur la bonne ville de Tarascon.
Le soir, quand le soleil se couchait sur Tarascon, les habitants se réunissaient sur la place.
On y jouait aux cartes, on y parlait de politique, on y racontait des histoires de chasse.
Tartarin, lorsqu’il faisait une apparition, attirait tous les regards. Il était vêtu d’une culotte de peau, d’une veste de drap, et coiffé d’un grand chapeau de feutre à bords larges.
Il avait toujours l’air rêveur, l’air de quelqu’un qui attend une grande aventure.
Les autres chasseurs se moquaient un peu de lui, mais avec respect. Ils savaient que Tartarin avait le cœur d’un lion, même s’il n’en avait jamais rencontré.
« Eh bien, Tartarin, disait le sieur Costecalde, le boulanger, quand est-ce que vous nous ferez voir ces fameux lions d’Afrique ? »
Tartarin, sans se départir de son sérieux, répondait : « Patience, Costecalde ! La chasse aux lions, ce n’est pas comme la chasse aux grives. Il faut que tout soit prêt. »
Et il rentrait chez lui, le cœur gonflé d’une sainte impatience.
IV. Ils!!!
Un jour, après une séance particulièrement ennuyeuse au cercle, Tartarin s’était retiré dans son jardin. Il regardait son baobab. Le soleil dardait ses derniers rayons à travers les branches.
« Ils ! » murmura-t-il.
C’était un mot magique. Il signifiait : les lions sont là.
Il courut à sa maison. Il monta dans sa chambre, et ouvrit une vieille malle en cuir. À l’intérieur, il y avait une tenue de chasseur d’Afrique, toute neuve, rapportée de Marseille : une culotte de toile kaki, une veste, des guêtres, un grand chapeau de feutre.
Il revêtit l’uniforme. Il se regarda dans la glace.
« Ah ! Tartarin, Tartarin ! » s’exclama-t-il. « Quel homme tu es devenu ! »
Il prit son fusil, son poignard, sa cartouchière, et il s’en alla chez son ami, le docteur Pascal.
V. Quand Tartarin de Tarascon allait au cercle.
Le docteur Pascal était un homme de science, qui avait beaucoup voyagé. Il était le seul à Tarascon qui ne se moquait pas des rêves de Tartarin.
Tartarin entra chez lui, fier dans son nouvel équipement.
« Docteur, dit-il, je pars ! »
Le docteur Pascal leva les yeux de son livre.
« Où ça, mon cher Tartarin ? »
« En Afrique ! Pour chasser les lions ! »
Le docteur Pascal sourit.
« Les lions, mon ami, sont de jolies bêtes, mais méfiez-vous. L’Afrique est grande, et la brousse est trompeuse. »
« Je ne crains rien, docteur. Je suis prêt. »
Et Tartarin lui montra son attirail. Le docteur examina le fusil.
« Ce fusil, dit-il, est un bon fusil. Mais avez-vous les balles ? »
« Les balles ? »
« Oui, les balles pour les lions. Vous ne tirerez pas sur eux avec des cartouches à chevrotine, j’espère ! »
Tartarin pâlit. Il n’avait pas pensé aux balles. Il n’avait que des cartouches pour le petit gibier.
« Mais, dit-il, je pensais que... »
« Vous pensiez que les lions viendraient se faire tirer dessus à découvert ? Non, mon ami. Il faut des balles. »
Tartarin sortit, le cœur gros. Il alla chez le buraliste, qui n’avait que des cartouches pour le petit gibier.
Il rentra chez lui, dépité. Il se changea, et alla au cercle, en civil.
On le regarda bizarrement.
« Qu’est-ce qui ne va pas, Tartarin ? » lui demanda le sieur Costecalde.
« Rien, dit Tartarin, je vais me promener. »
Et il s’assit, sans rien dire, se sentant un imposteur.
VI. Les deux Tartarins.
Le lendemain, Tartarin était de retour dans son jardin. Il avait passé une nuit agitée.
Il avait rêvé de lions, de jungles, de déserts. Et dans ses rêves, il était toujours sans balles.
Il regarda son baobab.
« Il faut que je trouve des balles, pensa-t-il. Si je ne pars pas maintenant, je ne partirai jamais. »
Il retourna chez le docteur Pascal.
« Docteur, dit-il, je vous ai menti hier. J’ai les balles. »
Le docteur Pascal ne dit rien, mais il regarda Tartarin avec une expression qui voulait dire : « Je sais que tu mens, mais je te laisse faire. »
Tartarin se sentait un peu honteux, mais l’idée de l’Afrique le reprenait.
Il alla voir le pharmacien, un vieil homme qui avait été aide-naturaliste.
« Monsieur, dit Tartarin, je pars chasser les lions. Avez-vous des balles ? »
Le pharmacien réfléchit.
« Les balles pour les lions, ça n’existe pas ici. Mais j’ai quelque chose d’aussi bon. »
Il sortit une boîte contenant de grosses billes de plomb, utilisées pour les gros poissons.
« Ce sont des balles de plomb. Elles feront l’affaire, si vous tirez bien. »
Tartarin acheta les billes. Il était de nouveau prêt.
Il retourna chez lui, revêtu de son costume de chasseur. Il se regarda dans la glace. Il y avait deux hommes dans le miroir : le Tartarin de Tarascon, en culotte de peau, et le Tartarin d’Afrique, en kaki.
« C’est moi, dit-il, qui suis le plus fort. » You can download, read online, find more details of this full eBook Tartarin de Tarascon by Alphonse Daudet from
Et convertissez-le en livre audio avec la voix de votre choix dans notre application AI Voice AudioBook.
Loading QR code...