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Livre Audio IA : Essais de Montaigne (auto-édition) - Volume I par Michel de Montaigne

Livre Audio : Essais de Montaigne (auto-édition) - Volume I par Michel de Montaigne

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ESSAIS DE MONTAIGNE

[Illustration : QVE SCAY-IE?]

[Illustration : PLANCHE I

MICHEL DE MONTAIGNE

(se prononçait Montagne)

(1533-1592)]

ESSAIS DE MONTAIGNE

(Auto-édition *)

TEXTE ORIGINAL, ACCOMPAGNÉ DE LA TRADUCTION EN LANGAGE DE NOS JOURS,

PAR

le Général MICHAUD.

PREMIER VOLUME

PARIS

LIBRAIRIE FIRMIN-DIDOT ET Cie, ÉDITEURS 56, rue Jacob, 56

1907

  • Édition se suffisant à elle-même

AVERTISSEMENT.

La présente édition des =Essais de Montaigne= (auto-édition) comprend: le texte original de cet ouvrage d'après l'édition de 1595 et sa traduction en langage de nos jours, avec sommaires intercalés; un ensemble de ces mêmes sommaires, les citations classées par ordre alphabétique, de très nombreuses notes hors texte inédites et autres; un glossaire; un lexique des noms propres, avec index analytique des principales matières, etc.; enfin, une notice sur l'auteur et sur son œuvre.

Montaigne se distingue entre tous par le sujet qu'il traite et la forme simple et humoristique qu'il y emploie: «Il a cela pour lui, dit Pascal, qu'un homme bête ne le comprendra jamais»; de son côté, Laboulaye le tient «comme le seul moraliste qu'on lise avec plaisir, quand on n'a plus quarante ans»; et il ajoute: «On peut ouvrir les Essais au hasard, toute page en est sérieuse et donne à réfléchir.»

Son sujet, c'est l'homme, qu'il étudie dans sa réalité, avec ses besoins, ses passions et les conditions en lesquelles il se trouve pour y satisfaire; et, pour plus de vérité, c'est lui-même qu'il analyse. Mais s'il parle de lui, c'est de manière à nous occuper de nous; et qui le lit, s'y reconnaît aujourd'hui comme il y a trois siècles, au temps où l'auteur écrivait, parce que ce qu'il a peint, ce n'est pas la société humaine qui, elle, change constamment, mais l'homme lui-même lequel, pour si «ondoyant et divers» qu'il soit, au fond demeure toujours le même.

Certainement Montaigne a vieilli; il émet bien des assertions qui, avec le progrès des mœurs, le développement des sciences, les idées nouvelles, les événements accomplis, ne sont plus exactes; sa lecture n'en demeure pas moins intéressante et profitable, parce que ces assertions, accompagnées d'observations sur la nature humaine, qui sont et seront toujours vraies, présentées d'une manière saisissante, éveillent en nous un retour inconscient sur nous-mêmes; l'humanité peut continuer à progresser, les Essais seront toujours d'actualité; et à qui, en ce siècle essentiellement utilitaire, demanderait à quoi aujourd'hui peut encore servir cette lecture, on peut, en toute assurance, répondre que nulle n'est plus propre à nous garder d'une présomption exagérée, à nous inspirer de l'indulgence pour autrui, nous maintenir en possession de nous-mêmes, amener en nous la résignation contre la souffrance ou la mauvai

LIVRE PREMIER

CHAPITRE I

DE L'UTILITÉ ET DES AVANTAGES DE LA LACHETE.

Il est plus aisé de se plaindre de ce qu'on est que de se corriger. C'est pourquoi je ne me plains point, je ne fais qu'une peinture de moi; mais j'entreprends, avec la même facilité, de me peindre, et de me peindre tout entier, ce qui est l'ouvrage de celui qui n'aime point à se voir, qui ne se connaît pas, et qui ne sait qui il est.

Des auteurs qui ont écrit pour instruire, se sont trompés. Ils ont voulu rendre l'homme tel qu'il doit être, et non tel qu'il est, qui est une bien plus difficile et moins utile tâche.

Je vois dans les livres un homme toujours bien composé, qui n'est jamais en proie au doute, qui s'entend avec lui-même, qui est toujours résolu, et qui n'a point de mes défauts. Ils ne m'apprennent rien, parce que je n'ai rien à faire de ce qu'ils disent.

Je suis, pour moi, un des plus pauvres exemples que je puisse choisir. Je ne suis pas tant de ce siècle, que je ne suive la coutume de peindre les hommes comme ils sont, sans les vouloir réformer. Il me suffit d'avoir montré ce que je suis, bon ou mauvais, je le laisse à l'avis des autres.

Si je me jugeais, je me jugerais plus sévèrement que les autres. Mais quand je me regarde, je me vois tel que je suis, avec mes défauts et mes imperfections, et je les accepte. Je ne suis point parfait, mais je suis sincère.

Je me suis mis à écrire, non pour les autres, mais pour moi. Je voulais me conserver, et non me rendre meilleur. C'est une peinture de moi-même que je fais, pour mon usage, pour me servir de miroir.

Si quelqu'un lit ces essais, il n'y trouvera rien qui soit destiné à lui plaire, rien qui soit fait pour l'édifier. Je ne me propose point de plaire, ni d'instruire. Je veux seulement me connaître, et me montrer tel que je suis.

Un homme qui n'aime point à se voir, se méfie de lui-même. Il a peur de se découvrir, il a honte de ce qu'il est.

Moi, j'aime à me voir, je m'aime dans mes défauts, je m'aime dans mes qualités. Je me trouve fort, et me trouve faible. Je suis ainsi, et ne puis être autrement.

Un homme qui se connaît, est un homme qui peut se juger. Mais qui se juge, se condamne souvent.

Je me juge, mais je me pardonne. Je sais que je suis faillible, et que je suis homme.

J'ai vu de grands esprits qui s'épuisaient à se corriger. Ils voulaient être des dieux, et ils n'étaient que des hommes.

Je préfère être un homme imparfait, mais sincère, qu'un ange menteur.

Si je suis lâche, je le dis. Si je suis craintif, je le dis. Si je suis vaniteux, je le dis.

La vanité est un mal qui nous ronge tous. Mais qui l'avoue, est à moitié guéri.

Je me suis aperçu, en me lisant, que j'avais beaucoup de défauts. Mais quand je les ai vus, je n'ai pas voulu les corriger. J'ai trouvé plus d'aise à les accepter qu'à les combattre.

L'homme est un assemblage de contraires. Il est fier et humble, sage et sot, courageux et lâche. C'est ce qui fait sa richesse, et sa misère.

Je me suis décidé à ne changer rien à ma nature. J'ai trouvé que c'était la plus grande sagesse.

Le monde est plein de gens qui se déguisent. Ils jouent un rôle, et ne savent plus qui ils sont.

Moi, je ne joue aucun rôle. Je suis ce que je suis, et je le dis hautement.

Si les autres me trouvent mauvais, qu'ils le disent. Je ne suis pas là pour plaire au monde, mais pour me plaire à moi-même.

Je suis mon propre sujet, et mon propre public. Je me juge, et je m'applaudis, ou je me siffle, selon mon humeur.

C'est un jeu amusant, que cette étude de soi. On découvre des choses nouvelles chaque jour. On se surprend soi-même.

Le chemin de la connaissance de soi est long et difficile. Il faut beaucoup de patience, et beaucoup d'humilité.

Je ne me plains pas de ma condition. Je l'accepte, avec ses joies et ses peines.

Le plus grand malheur de l'homme, c'est de ne pas se connaître. Il vit dans l'illusion, et meurt sans avoir vécu.

Je préfère ma vérité, même si elle est laide, à un beau mensonge.

La beauté n'est rien sans la vérité.

Si vous voulez savoir qui je suis, lisez ces essais. Je vous donne mon âme à nu.

Je ne cache rien. Je montre mes plaies, mes faiblesses, mes contradictions.

C'est mon testament, mon autobiographie, mon autoportrait.

Je suis Montaigne, et je ne suis que ça. Vous pouvez télécharger, lire en ligne, trouver plus de détails sur ce livre numérique complet Essais de Montaigne (auto-édition) - Volume I par Michel de Montaigne à partir de

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