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Free eBook, AI Voice, AudioBook: Œuvres complètes de Gustave Flaubert, tome 1 (of 8): Madame Bovary by Gustave Flaubert

AI Voice AudioBook: Œuvres complètes de Gustave Flaubert, tome 1 (of 8): Madame Bovary by Gustave Flaubert

AudioBook: Œuvres complètes de Gustave Flaubert, tome 1 (of 8): Madame Bovary by Gustave Flaubert

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MADAME BOVARY

MŒURS DE PROVINCE

I

Nous étions à l'étude, quand le proviseur entra, suivi d'un nouveau habillé en bourgeois et d'un garçon de classe qui portait un grand pupitre. Ceux qui dormaient se réveillèrent, et chacun se leva, comme surpris dans son travail.

Le proviseur nous fit signe de nous rasseoir, puis, se tournant vers le maître d'étude, il dit d'une voix forte :

— Messieurs, je vous présente M. Charles Bovary, qui vient se joindre à vous.

Le nouveau s'avança et s'assit au banc vide, à côté de moi. Il tira de sa serviette un petit dictionnaire relié en veau, et, pour se donner contenance, il ouvrit son encrier et trempa sa plume, quoique déjà pleine.

À peine le proviseur parti, une rumeur parcourut la classe. Nous nous penchâmes tous pour mieux voir le nouvel élève. Il était immobile, la tête un peu inclinée, et il semblait porter son bonnet carré avec gêne.

Le maître d'étude, M. Hucher, était un petit homme sec, vêtu de noir, qui nous faisait redoubler nos lignes pour la moindre faute. Il se racla la gorge.

— Faites attention ! dit-il.

Puis, s'approchant de Charles, il lui demanda :

— Quel est votre prénom ?

— Charles, répondit le nouveau d'une voix assez faible.

— Charles quoi ?

— Charles Bovary.

— Bien. Vous êtes ici pour apprendre le latin. Nous commençons la grammaire aujourd'hui.

Charles ouvrit son livre, et le maître commença son cours.

Charles Bovary était le fils d'un ancien entrepreneur des droits indirects, ruiné et mort d'une crise de foie, disait-on. Il avait été placé chez nous, au collège de Monsieur Homan, faute de moyens. Il était resté à l'étude parce que sa mère avait trouvé que c'était moins cher, et qu'on pouvait, en travaillant bien, gagner une bourse.

Dès les premiers jours, Charles s'était fait remarquer par une grande indolence. Il était lent à comprendre, plus lent encore à exécuter. Quand on lui posait une question, il restait immobile, le regard vague, puis il se frottait le front avec le revers de sa main et répondait avec une assurance qui étonnait.

Ses vêtements, confectionnés à la hâte par la femme de chambre de sa mère, avaient une coupe étrange. Son bonnet de police, trop grand, lui tombait sur les yeux ; son pardessus, d'un drap autrefois élégant, était devenu raide et craquant.

Les autres élèves le regardaient avec curiosité, puis avec mépris. Ils s'amusaient de sa maladresse, de son accent paysan lorsqu'il parlait, et surtout de la manière dont il s'y prenait pour se gratter l'oreille, en relevant le coude de travers.

Le soir, dans la cour, tandis que nous jouions à la balle ou au bonnet, Charles restait assis sur un banc, le dos appuyé contre le mur, regardant le ciel ou lisant, s'il avait un livre. Il ne se joignait jamais à nos jeux.

Un jour, après la récréation, au moment de rentrer en classe, Félicien Grassin, un des plus âgés, l'aborda :

— Eh bien, Bovary, on étudie la chute des cheveux ? dit-il en désignant le livre que Charles tenait.

Charles ne répondit pas.

— Qu'est-ce que tu lis de si intéressant ?

Il arracha le livre des mains de Charles. C'était une vieille édition de La Nouvelle Héloïse.

— Ah ! Rousseau ! s'écria Grassin en riant.

Il passa le livre à ses camarades, qui firent des grimaces et le lui rendirent aussitôt. Charles le reprit avec une grande tranquillité et se remit à lire.

Cette indifférence apparente augmentait notre irritation. Nous étions tous des fils de bourgeois, des enfants de notaires, de percepteurs, d'officiers en retraite, destinés à des professions honorables. Lui, il était le fils d'un percepteur en faillite.

M. Hucher, qui avait remarqué l'altercation, vint prendre le parti de Charles, non par amitié, mais par goût de l'ordre.

— Laissez cet élève tranquille, dit-il. Il est là pour apprendre, et non pour s'amuser avec vous.

Puis, se tournant vers Charles :

— Et vous, Bovary, travaillez davantage. Vous n'avez pas de temps à perdre.

Charles, rougissant un peu, acquiesça silencieusement.

Au bout de six mois, les résultats de Charles n'étaient guère plus brillants. Il était toujours dernier de la classe. Cependant, il y avait dans ses compositions une certaine naïveté qui amusait les professeurs. Il avait un talent singulier pour inventer des métaphores gauches. Une fois, pour décrire la colère de César, il avait écrit : "Ses yeux étaient des charbons ardents qui semblaient vouloir percer les murailles."

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