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AI Voice AudioBook: Récréations littéraires, curiosités et singularités, bévues et lapsus, etc. by Albert Cim

AudioBook: Récréations littéraires, curiosités et singularités, bévues et lapsus, etc. by Albert Cim

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POÈTES ET AUTEURS DRAMATIQUES ROMANCIERS

LIBRAIRIE HACHETTE 79, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS 1920

MON CHER MAÎTRE

HENRY MARTIN ADMINISTRATEUR DE LA BIBLIOTHÈQUE DE L’ARSENAL

dont l’obligeance et la science m’ont toujours été d’un si précieux secours dans mes travaux bibliographiques.

ALBERT CIM.

En réunissant les curiosités et singularités, les bévues, lapsus, etc., rencontrés par moi dans mes lectures, je n’ai obéi à aucun sentiment hostile à nos grands écrivains, Corneille, Racine, Molière, Hugo, Balzac, Flaubert, Daudet, Zola, Michelet, Sainte-Beuve, etc., dont, autant que personne, je goûte, savoure et admire les œuvres. J’ai voulu me divertir, rien de plus.

«Les choses singulières me réjouissent toujours,» avouait Mme de Sévigné à sa fille (Lettre du 26 juin 1680).

Elles produisent sur moi le même effet, et ce sont bien là des Récréations littéraires que j’offre au public. Puisse-t-il prendre, à lire ces anecdotes, ces bons mots, saillies et drôleries, autant de plaisir que j’ai eu à les rassembler!

Comme nul n’est obligé, en bibliographie surtout, de croire autrui sur parole, j’ai eu soin d’indiquer, autant que je l’ai pu, les sources où j’ai puisé toutes les provenances de mon butin.

A mon tour, maintenant, je prie le lecteur de vouloir bien excuser les erreurs, bévues et lapsus que j’ai dû commettre et ai commis dans mon travail. Errare humanum est.

A. C.

PRÉAMBULE

Des bévues et non-sens littéraires, leurs causes les plus fréquentes. — Emploi irréfléchi de locutions courantes et de

POÈTES ET AUTEURS DRAMATIQUES

CORNEILLE

CORNEILLE ET L’ACADÉMIE.

Le cardinal de Richelieu, en fondant l’Académie française (1635), avait donné à ses membres le titre d’« Immortels », et, pour les distinguer, il leur avait accordé le privilège de porter une épée.

Dans ses Mémoires, le duc de Luynes raconte une petite anecdote à propos de cette épée. Il assure que Corneille, à qui l’on avait offert de faire partie de cette nouvelle compagnie, refusa d’abord, par modestie, dit-on, ou par fierté, mais finit par accepter.

Or, quand il vint prendre séance, il n’avait pas d’épée. Quelqu’un lui ayant fait remarquer cette omission, Corneille répondit :

— Je n’ai pas voulu m’en procurer une ; car si je la portais, il faudrait bien que je fisse quelque tragédie pour la mériter !

Cette repartie, pleine d’esprit et de fierté, fit sourire l’assemblée, qui, par acclamation, décida que Corneille serait admis sans épée.

Je ne sais si cette anecdote est exacte, mais elle est amusante. Quoi qu’il en soit, Corneille fut élu à l’Académie en 1647, mais ne s’y rendit guère.

UNE ERREUR DE DATATION.

Dans une édition de La Mort de Pompée, imprimée à Paris en 1644, on lit au bas de la page 52 :

«FIN DE LA TRAGÉDIE Imprimé ce sixième jour de juillet mil six cens quarante».

Ce qui est évidemment une erreur, l’imprimeur ayant omis le mot quatre.

LES SOUFFRANCES DE L’AUTEUR.

Un biographe de Corneille, le P. Lucas, affirme que lorsque l’auteur du Cid présenta sa première pièce, Clitandre et Pélopée, à la troupe du théâtre du Marais, le poète n’avait que dix-sept ans.

Le directeur refusa la pièce. Corneille insista. Le directeur céda.

La pièce fut jouée, mais ce fut un échec retentissant. Le lendemain, le poète, tout désolé de son mauvais début, se rendit chez un de ses amis, M. de Ferrare, pour lui raconter son mésaventure.

— Mon ami, lui dit-il, je suis perdu ! ma pièce n’a pas réussi.

— Calme-toi, répondit M. de Ferrare. J’ai été au spectacle hier soir. Il y avait peu de monde, et je n’ai pas tout compris. Cependant, je suis certain que la pièce est bonne. Il faut la faire jouer une seconde fois.

Le poète, encouragé par ces paroles, mais pas tout à fait rassuré, consentit à subir une seconde épreuve.

Le second jour, le succès fut encore moins grand que la veille.

Le directeur, sans ménagements, rendit la pièce à l’auteur.

Corneille, désolé, revint chez M. de Ferrare pour lui annoncer la nouvelle.

— Mon ami, je suis perdu ! ma pièce est condamnée.

— Mais, mon cher, répondit M. de Ferrare, il y avait encore moins de monde hier qu’avant-hier. Il faut la faire jouer une troisième fois ; nous irons ensemble.

La troisième représentation eut lieu. Le succès fut à peine plus grand que la seconde.

Corneille, abattu, s’écria :

— C’en est fait, mon ami ! Je suis perdu sans ressources !

— Tâche de te consoler, répondit M. de Ferrare. J’ai toujours eu une idée fixe : il faut faire jouer une quatrième fois.

La quatrième représentation eut lieu ; le succès fut tout à fait nul.

Corneille, désespéré, revint chez M. de Ferrare, qui, voyant l’état de son ami, lui dit :

— Mon cher, c’est ma faute, j’ai été trop pressé. J’aurais dû te conseiller de ne faire jouer la pièce qu’une fois par mois !

Corneille rit de bon cœur.

RACINE

UN VERS CENSURÉ.

Racine, qui travailla à sa tragédie d’Andromaque de 1664 à 1667, mais ne la fit jouer qu’en novembre 1667, dut modifier un vers de l’acte IV, scène 3, où Pyrrhus, se plaignant de la fierté d’Andromaque, devait dire :

«Vous êtes le plus beau, mais vous êtes le plus sot.»

Ce vers, qui fut supprimé, était fort peu flatteur pour la princesse troyenne, mais il rendait bien la passion du prince. La pièce fut jouée sans ce vers.

Plus tard, Racine le rétablit dans l’édition de 1676, mais modifié ainsi :

«Vous êtes le plus beau, mais vous êtes la plus fière.»

On voit que le poète avait trouvé le moyen d’adoucir l’expression sans trop changer le sens.

UN VERS PRÉSUMÉ D’UNE SEULE PIÈCE.

On cite souvent le vers célèbre, tiré d’Esther :

«L’amour qui fait les héros fait aussi les martyrs.»

On a cru longtemps que Racine avait fait ce vers uniquement pour la pièce d’Esther. Or, dans une lettre adressée à M. de Lamoignon, il écrivait, le 11 mai 1689 :

«Je me souviens que, l’an dernier, j’ai fait un vers que vous m’avez loué : L’amour qui fait les héros fait aussi les martyrs. Je l’ai trouvé dans Phèdre, mais il m’avait échappé, car, si je l’eusse fait pour Esther, je l’aurais mis plus tôt.»

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