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AudioBook: Mémoires touchant la vie et les écrits de Marie de Rabutin-Chantal, (6/6) by Joseph-Adolphe Aubenas
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MÉMOIRES
TOUCHANT
LA VIE ET LES ÉCRITS
DE MARIE DE RABUTIN-CHANTAL
DAME DE BOURBILLY
MARQUISE DE SÉVIGNÉ
SIXIÈME PARTIE DE 1676 A 1680
SUIVIS De Notes et d'Éclaircissements
PAR
M. AUBENAS
CHEVALIER DE LA LÉGION D'HONNEUR PROCUREUR GÉNÉRAL A PONDICHÉRY
AUTEUR DE L'Histoire de madame de Sévigné, de sa famille et de ses amis
PARIS
LIBRAIRIE DE FIRMIN DIDOT FRÈRES, FILS ET CIE
IMPRIMEURS DE L'INSTITUT, RUE JACOB, 56
1865
MÉMOIRES
TOUCHANT LA VIE ET LES ÉCRITS
DE
MARIE DE RABUTIN-CHANTAL,
DAME DE BOURBILLY,
MARQUISE DE SÉVIGNÉ.
CHAPITRE PREMIER.
Madame de Sévigné revient de Bretagne à Paris; accueil qui lui est fait.--Sa guérison marche lentement.--Elle trouve Paris tout occupé des préparatifs de la nouvelle guerre.--Elle repleure Turenne avec le chevalier de Grignan.--Retour sur cette perte.--Madame de Sévigné est le plus complet historien de cette grande mort.--Ses divers récits; ses appréciations du caractère et des vertus du héros.--Turenne l'honorait de son amitié; elle reste l'amie de sa famille.--Madame de Sévigné assiste à ses obsèques à Saint-Denis et console le cardinal de Bouillon.--Effet produit par la mort de Turenne; consternation en France; mouvement offensif des coalisés.--L'armée française repasse le Rhin.--Belle conduite du chevalier de Grignan à Altenheim.--Défaite du maréchal de Créqui; M. de La Trousse, cousin de madame de Sévigné, est fait prisonnier.--Louis XIV cherche à relever l'esprit public.--Condé est envoyé pour remplacer Turenne et arrêter les Impériaux.--Patriotisme de madame de Sévigné.--Le coadjuteur d'Arles harangue le roi au nom du clergé; le roi lui adresse des félicitations.--Leçon donnée par Louis XIV aux courtisans qui veulent dissimuler nos échecs.--Il admirait Turenne, mais l'aimait peu.--Turenne haï par Louvois.--Louis XIV et son ministre se préparent à prouver que l'on peut sans Turenne et Condé remporter des victoires.
A son retour des Rochers à Paris, dans les premiers jours d'avril 1676, madame de Sévigné reçut un accueil plus affectueux encore que par le passé, de ses nombreux amis, qui, l'ayant sue gravement malade en Bretagne, avaient craint de la perdre. Malgré son désir de courir aux nouvelles pour les mander à sa fille, elle se résigna, sur l'ordre de ses médecins, à prendre soin de sa santé, qui n'était pas encore tout à fait rétablie.
La cour et la ville, moins attentives à sa convalescence qu'elle ne l'aurait désiré, étaient entièrement occupées des préparatifs de la nouvelle campagne. La guerre s'engageait, avec des chances moins favorables que les précédentes, contre la coalition de La Haye.
La perte du maréchal de Turenne, survenue l'année précédente, était encore le principal sujet de conversation. On voyait dans cet événement un présage funeste de l'issue des hostilités. Madame de Sévigné, qui, depuis son retour de la Touraine, avait appris les circonstances de cette mort glorieuse, en entretint souvent son chevalier. Elle déplorait avec attendrissement la perte d'un homme qu'elle avait connu et aimé.
Elle avait peint avec force détails la bataille de Salzbach, et les dernières paroles du maréchal : « Quel est l'homme qui commandera aujourd'hui ? » — « C'est moi, Monsieur le Maréchal », avait répondu le chevalier de Grignan. Turenne avait dit : « Eh bien ! commandez vous-même. » — « Oui, mais je ne sais que commander après vous. » Turenne répondit : « Vous ferez bien, suivez mes ordres. » Le chevalier de Grignan avait obéi.
La marquise de Sévigné était, par la justesse et l'exactitude de ses récits, l'historien le plus complet de cette grande mort. Elle louait les grandes qualités militaires du héros, son courage, sa prudence, l'attachement de ses troupes, et surtout l'intégrité de son caractère, qui le rendait si estimable aux yeux de tous. Turenne avait eu pour elle une estime sincère, et elle continuait de témoigner aux membres de sa famille une affection véritable. Elle assista à ses obsèques, célébrées avec toute la pompe convenable à Saint-Denis, et s'empressa de consoler le cardinal de Bouillon, neveu du maréchal, qui était accablé de douleur.
La mort de Turenne avait jeté dans le royaume une consternation profonde. L'Europe entière, apprenant la nouvelle, avait levé la tête. Les alliés avaient immédiatement pris l'offensive. Les Français, dirigés par le maréchal de Créqui, repassèrent le Rhin. Le chevalier de Grignan, qui faisait partie de cette armée, se conduisit avec la plus grande bravoure à la bataille d'Altenheim. La victoire resta aux ennemis. Le maréchal de Créqui fut battu, et le cousin de madame de Sévigné, M. de La Trousse, fut fait prisonnier.
Louis XIV chercha de tous côtés à relever l'esprit public, qu'avait abattu cette triple mésaventure. Il envoya le prince de Condé remplacer Turenne et arrêter les progrès des Impériaux. Madame de Sévigné, patriote avant tout, manifestait son désir de voir la France victorieuse. Elle était toujours de cœur avec ses amis engagés dans l'action.
Le clergé, de son côté, par la bouche du coadjuteur d'Arles, renouvela au roi, dans une harangue éloquente, le serment de fidélité et de dévouement. Louis XIV, dans sa réponse, fit l'éloge du zèle du prélat, et se montra, ce jour-là, peu favorable aux courtisans qui, par prudence ou par crainte, cherchaient à atténuer l'importance de nos revers. Il ne cachait pas qu'il admirait Turenne, mais il est certain qu'il ne l'aimait pas tendrement. Louvois, son ministre, haïssait le maréchal, et le roi, partageant peut-être ces sentiments, ou du moins ne voulant pas contrarier son ministre, cherchait à prouver, avec lui, qu'il était possible de vaincre sans Turenne et sans Condé.
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