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AudioBook: Mémoires d'Outre-Tombe, Tome 2 by vicomte de François-René Chateaubriand
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MÉMOIRES
LIVRE VII
Je vais trouver ma mère. -- À Saint-Malo. -- Progrès de la Révolution. -- Mon mariage. -- Paris. -- Anciennes et nouvelles connaissances. -- L'abbé Barthélemy. -- Saint-Ange. -- Théâtre. -- Changement et physionomie de Paris. -- Club des Cordeliers. -- Marat. -- Danton. -- Camille Desmoulins. -- Fabre d'Églantine. -- Opinion de M. de Malesherbes sur l'Émigration. -- Je joue et je perds. -- Aventure du fiacre. -- Mme Roland. -- Barère à l'Ermitage. -- Seconde fédération du 14 juillet. -- Préparatifs d'émigration. -- J'émigre avec mon frère. -- Aventure de Saint-Louis. -- Nous passons la frontière. -- Bruxelles. -- Dîner chez le baron de Breteuil. -- Rivarol. -- Départ pour l'armée des princes. -- Route. -- Rencontre de l'armée prussienne. -- J'arrive à Trèves. -- Armée des princes. -- Amphithéâtre romain. -- Atala. -- Les chemises de Henri IV. -- Vie de soldat. -- Dernière représentation de l'ancienne France militaire. -- Commencement du siège de Thionville. -- Le chevalier de la Baronnais. -- Continuation du siège. -- Contraste. -- Saints dans les bois. -- Bataille de Bouvines. -- Patrouille. -- Rencontre imprévue. -- Effets d'un boulet et d'une bombe. -- Marché du camp. -- Nuit aux faisceaux d'armes. -- Chiens hollandais. -- Souvenir des Martyrs. -- Quelle était ma compagnie. -- Aux avant-postes. -- Eudore. -- Ulysse. -- Passage de la Moselle. -- Combat. -- Libba sourde et muette. -- Attaque sous Thionville. -- Levée du siège. -- Entrée à Verdun. -- Maladie prussienne. -- Retraite. -- Petite vérole. -- Les Ardennes. -- Fourgons du prince de Ligne. -- Femmes de Namur. -- Je retrouve mon frère à Bruxelles. -- Nos derniers adieux. -- Ostende. -- Passage à Jersey. -- On me met à terre à Guernesey. -- La femme du pilote. -- Jersey. -- Mon oncle de Bedée et sa famille. -- Description de l'île. -- Le duc de Berry. -- Parents et amis disparus. -- Malheur de vieillir. -- Je passe en Angleterre. -- Dernière rencontre avec Gesril.
J'écrivis à mon frère, à Paris, le détail de ma traversée, lui expliquant les motifs de mon retour et le priant de me prêter la somme nécessaire pour payer mon passage. Mon frère me répondit qu'il venait d'envoyer ma lettre à ma mère. Madame de Chateaubriand ne me fit pas attendre, elle me mit à mon aise dans la maison paternelle. Elle me raconta, avec les larmes aux yeux, les horreurs qu'elle avait traversées dans Saint-Malo assiégé.
Saint-Malo était resté fidèle au roi. Le commerce, qui faisait sa richesse, avait disparu. La ville était dans le désespoir. Ma mère, dans son courage, avait organisé la défense. Elle avait armé sa maison et s'était préparée à vendre les bijoux de famille pour acheter des armes. Elle avait envoyé de l'argent à Paris pour mon frère. Elle m'attendait avec une tendresse infinie, et, dans mes bras, elle pleura tous les malheurs de sa vie.
Je passai quelques jours dans cette ville d'épreuves. Les souvenirs de mon enfance me revenaient sans cesse. La vue de la mer, de ces mêmes rochers que j'avais tant aimés, m'arrachait des sanglots. Je retrouvais les lieux où j'avais rêvé la gloire. Je me sentais étranger à ce monde nouveau qui commençait.
La Révolution avait fait son chemin. J'appris les horreurs de la prise des Tuileries, la fuite du roi, la fuite des émigrés. Je demandai des nouvelles de mes amis. Ceux qui étaient restés à Paris m'étaient tous perdus, ou cachés. Je fus triste, mais je ne fus point découragé. Je me sentais fort pour la lutte.
Je retournai à Paris pour retrouver ma femme et mes affaires. Ma femme, restée seule, avait souffert beaucoup. Elle avait cherché à gagner sa vie par son travail, mais la Révolution avait tout dérangé. Je la retrouvai au milieu de ses parents, dans une maison retirée. Mon mariage, contracté dans l'imprudence de la jeunesse, était sans doute une faute, mais je voulais la réparer par une conduite irréprochable.
Paris était méconnaissable. Les noms des rues avaient changé. Les figures étaient différentes. Partout, l'air de la liberté et de la terreur. Les hommes se parlaient à voix basse, se regardaient avec méfiance. Les clubs étaient pleins de fureur et de menaces. On parlait de régicide, de la déchéance du roi.
Je revoyais quelques anciens amis, quelques anciennes connaissances. L'abbé Barthélemy, mon ancien précepteur, était toujours le même, modéré, instruit, regrettant les belles lettres sous le joug de la politique. Saint-Ange, mon camarade d'enfance, était devenu un révolutionnaire ardent, mais il avait gardé son cœur. Nous parlions avec tristesse de l'avenir.
J'allai au théâtre, mais les pièces étaient remplies de déclamations patriotiques. L'art était mort. Le bon goût avait disparu.
Je fréquentai le club des Cordeliers. Je voyais Marat, Danton, Camille Desmoulins. Marat, avec sa figure bilieuse, ses yeux hagards, son discours rauque, prêchait le massacre. Danton, avec sa voix de tonnerre, sa figure brute, semblait l'incarnation de la force populaire. Camille, plus doux, plus élégant, essayait de tempérer la fureur, mais il était entraîné par le flot.
Je vis M. de Malesherbes. Il était vieux, mais son esprit était vif. Il désapprouvait l'émigration, craignant qu'elle ne perdît la cause du roi. Il croyait qu'il fallait rester en France pour modérer les excès.
Je jouai. Je perdis de l'argent que je n'avais pas. Une aventure de fiacre me sauva de la ruine. Un cocher, croyant me reconnaître comme émigré riche, voulut m'enlever. Je me défendis, et, au milieu de la rue, je reçus le secours d'un homme que je ne connaissais pas. C'était un garde national.
Je rencontrai Mme Roland. Elle était belle, éloquente, mais son âme était pleine d'une ambition démesurée. Elle me parla de la vertu républicaine avec une passion qui m'effraya.
Je vis Barère à l'Ermitage. Il était déjà le loup déguisé en brebis. Il parlait de conciliation, mais son regard était plein de feu.
La seconde fédération du 14 juillet fut un spectacle grandiose. La foule, les drapeaux, les serments, tout parlait de la nation. Mais sous cette apparente unité, je sentais la division et la haine grandir.
Je résolus d'émigrer. Mon frère, plus prudent, hésitait. Nous nous séparâmes de notre mère, qui nous donna ses bénédictions et ses larmes. Nous fûmes obligés de nous séparer de ma femme, qui refusa de quitter Paris. Ce fut mon premier vrai chagrin dans cette sombre époque.
Nous nous dirigeâmes vers la frontière. Notre voyage fut plein de dangers. Nous fûmes arrêtés à Saint-Louis, mais nous nous sauvâmes grâce à la bravoure de mon frère. Nous passâmes en Belgique.
À Bruxelles, nous fûmes accueillis par des gentilshommes français. Nous dînas chez le baron de Breteuil. Rivarol était là, brillant, spirituel, mais déjà marqué par la folie de l'émigration. Il me parla de la guerre avec arrogance.
Nous rejoignîmes l'armée des princes à Trèves. La route était difficile. Nous rencontrâmes l'armée prussienne, magnifique dans son ordre et sa discipline.
Trèves était le rendez-vous de la noblesse française en exil. C'était un spectacle étrange. Des gentilshommes de cour, habitués aux salons de Versailles, se retrouvaient dans des camps militaires, essayant de s'adapter à la vie rude de la guerre.
J'étais dans la cavalerie légère, sous les ordres du prince de Ligne. Je me souvenais des amphithéâtres romains que j'avais étudiés à Rome, et je voyais ici la réplique de ces scènes antiques, où la barbarie et la gloire se mêlaient.
Je me souvenais aussi d'Atala. J'avais commencé cette histoire à Londres, et maintenant, au milieu des soldats, je la continuais, contrastant la poésie de la nature avec la réalité de la guerre.
On nous montra les chemises de Henri IV, conservées avec respect. C'était un symbole de la monarchie française, que nous étions venus restaurer.
La vie de soldat était nouvelle pour moi. Je faisais mon service, apprenant l'exercice, montant la garde. C'était la dernière représentation de l'ancienne France militaire.
Le siège de Thionville commença. C'était une tentative maladroite. Nous étions mal préparés. J'étais avec une compagnie brave, commandée par le chevalier de la Baronnais. Le siège fut un échec.
Dans les bois, nous priions les saints, contrastant notre foi avec la fureur des révolutionnaires qui brûlaient les églises. Je pensais à la bataille de Bouvines, à ces grandes batailles françaises du passé.
Pendant une patrouille, j'eus une rencontre imprévue. J'étais avec un autre jeune officier. Nous fûmes pris sous le feu de l'ennemi. Un boulet passa près de moi, soulevant la terre. Une bombe explosa non loin, me couvrant de débris. Mon camarade fut blessé.
Le camp était un mélange de luxe et de misère. Il y avait des marchés où l'on vendait des vivres et des objets volés. La nuit, nous dormions sous les faisceaux d'armes. Les chiens hollandais, grands et féroces, gardaient les lignes.
Je pensais à mon poème des Martyrs, où Eudore et Ulysse trouvaient la gloire. Ma compagnie était un mélange de jeunes nobles et d'officiers expérimentés.
Nous fûmes envoyés aux avant-postes. Le passage de la Moselle fut difficile. Un combat s'ensuivit. Je vis une femme sourde et muette, Libba, qui suivait notre camp. Elle était une figure pittoresque dans l'horreur.
L'attaque sous Thionville fut un échec sanglant. Le siège fut levé. Nous entrâmes à Verdun. J'attrapai la maladie prussienne, une fièvre violente. La retraite commença.
Puis vint la petite vérole. J'ai failli y laisser la vie. Dans les Ardennes, je fus soigné par des fourgons du prince de Ligne. Je vis les femmes de Namur, célèbres pour leur beauté.
Je retrouvai mon frère à Bruxelles. Nos adieux furent courts. Il restait en Belgique, je voulais aller en Angleterre.
À Ostende, j'embarquai. Le temps était mauvais. On me mit à terre à Guernesey. La femme du pilote me donna des soins.
Jersey était une terre d'exil. J'y retrouvai mon oncle de Bedée et sa famille. L'île était belle, mais triste. Je vis le duc de Berry, triste dans sa gloire passée.
Je pensais à tous mes parents et amis disparus. Le malheur de vieillir, c'est de voir disparaître ceux qu'on aime.
Je passai finalement en Angleterre. J'y retrouvai Gesril, mon ami d'enfance. Ce fut notre dernière rencontre.
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