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AI Voice AudioBook: Les misérables Tome V: Jean Valjean by Victor Hugo

AudioBook: Les misérables Tome V: Jean Valjean by Victor Hugo

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Victor Hugo

LES MISÉRABLES

Tome V--JEAN VALJEAN

Livre premier--La guerre entre quatre murs

Chapitre I

La Charybde du faubourg Saint-Antoine et la Scylla du faubourg du Temple

Les deux plus mémorables barricades que l'observateur des maladies sociales puisse mentionner n'appartiennent point à la période où est placée l'action de ce livre. Ces deux barricades, symboles toutes les deux, sous deux aspects différents, d'une situation redoutable, sortirent de terre lors de la fatale insurrection de juin 1848, la plus grande guerre des rues qu'ait vue l'histoire.

Il arrive quelquefois que, même contre les principes, même contre la liberté, l'égalité et la fraternité, même contre le vote universel, même contre le gouvernement de tous par tous, du fond de ses angoisses, le peuple se soulève.

Ce qui sort de terre lors de ces funestes révoltes, ce sont des faits énormes. Les barricades de juin 1848 furent de ces faits-là. Elles étaient immenses, effroyables, presque cyclopéennes. L'une, sorte de muraille de pierre et de pavés, bloquait le faubourg Saint-Antoine, boulevard de la révolte; l'autre, celle du faubourg du Temple, était un monstre de décombres. Ces deux barricades étaient les deux extrémités d'une même fatalité.

L'insurrection de juin 1848 fut une révolte de la faim qui se faisait républicaine. Elle avait des passions nobles et des colères sombres. Elle avait l'ardeur de l'idée et la rage de l'estomac.

L'action du présent livre se passe en 1832, au temps de l'insurrection de juin 1832, la sainte et magnifique insurrection qui fut écrasée. Celle-là, quoique moins vaste que celle de 1848, fut héroïque. Elle partait de l'enthousiasme. C'était l'insurrection des étudiants, des amis du peuple, des hommes de l'Avenir, qui, voyant la République ajournée, voulurent l'imposer à coups de fusil.

L'insurrection de 1832 fut une lutte de l'intelligence contre la nécessité.

Les barricades de 1832 étaient moins gigantesques que celles de 1848. Elles étaient moins le fruit du désespoir que de la conviction. Elles n'étaient pas faites par la populace, mais par l'insurrection.

Dans l'histoire des révolutions, 1830 fut la Révolution de la rue, 1848 fut la Révolution du principe, 1832 fut la Révolution du droit.

Celle dont nous allons parler fut la plus petite, mais peut-être la plus sublime. Elle avait pour théâtre une petite place, un cœur de Paris presque oublié, une impasse étroite, où s'était joué un drame suprême et presque inconnu.

C'était une barricade de briques, de terre, de planches, de fers, de décombres. Elle barrait une rue. Elle était petite, mais elle était absolue.

Chapitre II

Que faire dans l'abîme à moins que l'on ne cause?

La nuit était tombée sur cette barricade. La flamme des becs de gaz ne parvenait pas à percer l'épaisseur des ténèbres. Les quelques lumières qui filtraient venaient de l'intérieur des maisons, mais elles étaient rares et se cachaient.

Une agitation sourde régnait. Les hommes qui tenaient la barricade savaient qu'ils étaient cernés. L'armée attendait.

Qui tenait cette place? Des jeunes gens, des étudiants, des ouvriers. Ils étaient peu nombreux. Ils avaient bu du vin aigre, mangé du pain dur, et leur ferveur faisait le reste. Ils attendaient l'aube.

Il y avait là, pêle-mêle, des types de toutes conditions. Le fils de riche à côté du compagnon du devoir. Le poète à côté du gamin des rues.

Enjolras, le beau, l'ardent, tenait la tête de cette petite armée. Ses yeux brillaient d'une lumière intérieure. Il parlait peu, mais quand il parlait, sa voix était un appel.

Marius, lui, était fiévreux, anxieux. Il avait senti que ce soir serait le dernier. Il pensait à Cosette, à l'amour qu'il venait de trouver et qu'il allait peut-être perdre à jamais.

Gavroche, lui, se réchauffait près d'un feu de débris allumé au milieu de la rue, distribuant des cartouches avec une gaieté de parade.

Les autres se tenaient prêts. Il y avait des morts qui se savaient morts et des vivants qui se savaient condamnés.

Le silence était parfois rompu par des ordres étouffés ou des plaisanteries nerveuses.

"Ils vont venir bientôt," dit un homme en vérifiant son fusil.

"Qu'ils viennent," répondit une voix. "Nous sommes là."

L'attente était terrible. Dans cette obscurité, chaque bruit était une menace, chaque ombre, un ennemi. Ils étaient le point central de Paris insurgé, le dernier rempart avant l'écrasement total.

Chapitre III

Éclaircissement et assombrissement

Marius était assis sur un pavé, la tête appuyée contre la pierre froide. Il revoyait le visage de Cosette. L'image était si claire, si lumineuse, qu'elle semblait flotter dans l'air sombre de la barricade.

Il avait une lettre dans la poche, froissée, qu'il avait relue cent fois. Une lettre d'adieu à son père, peut-être, mais surtout une profession d'amour pour celle qu'il ne reverrait peut-être jamais.

Enjolras s'approcha de lui. Il avait l'air d'une statue antique, belle et impassible.

"Tu es pâle, Marius," dit-il.

"Je pense," répondit Marius.

"Penser, c'est bien. Agir, c'est mieux. Demain, nous saurons. Si nous tombons, c'est pour la lumière. Si nous restons, c'est pour la construire."

"Et si l'on n'aime pas la lumière?" murmura Marius.

Enjolras le regarda avec une intensité qui semblait sonder son âme. "Alors on n'est pas fait pour cette époque. Mais toi, tu as le feu, Marius. Ne laisse pas l'ombre de tes peines personnelles éteindre ta flamme publique."

Marius se leva, secoué par ces paroles. Il remit la lettre au fond de sa poche. Il était soldat, il était révolutionnaire. Il était amoureux. Il fallait être les trois à la fois.

Un cri retentit au loin. Un coup de feu isolé.

"Ils arrivent," dit une voix.

L'ombre devint plus dense, plus lourde. L'air se chargea d'électricité. Les hommes se mirent en position.

Chapitre IV

Cinq de moins, un de plus

Soudain, au milieu de cette attente tendue, une silhouette apparut dans la nuit, venant du côté de la rue assiégeante. Elle avançait lentement, hésitante.

"Halte! Qui va là?" cria Enjolras, pointant son fusil.

La silhouette s'arrêta. Ce n'était pas un soldat. L'allure était trop incertaine, le pas trop lourd.

"C'est un civil," siffla quelqu'un.

L'homme leva les mains. Il était enveloppé dans un manteau trop grand pour lui.

"N'ayez pas peur," dit une voix faible. "Je viens du côté de l'armée."

"Vous êtes un espion?" demanda Enjolras, sans baisser son arme.

"Je suis un homme qui veut mourir ici," répondit l'inconnu.

Il s'avança encore. Il ôta son chapeau. C'était un homme d'âge moyen, au visage fermé, aux yeux creux.

"Qui êtes-vous?"

"Mon nom n'importe pas. J'ai une dette. Je viens pour payer."

Gavroche, intrigué, s'approcha en courant. "Un nouveau camarade! Bienvenue au club des volontaires pour la potence!"

L'homme regarda les insurgés avec une sorte de dégoût mêlé de respect.

"Je vous préviens, je ne sais pas bien me battre. Mais je sais me tenir immobile."

"Prenez un fusil," dit Enjolras, désignant une arme posée contre un tas de sacs de sable. "Cinq hommes nous manquent. Ils sont partis chercher des munitions et ne sont pas revenus. Vous pouvez les remplacer."

L'inconnu prit le fusil. Il le tenait maladroitement.

"Vous avez l'air de ne jamais avoir tenu une arme," commenta un étudiant.

"C'est exact," dit l'homme, avec une simplicité étrange. "Mais j'ai une vieille habitude de ne pas rater ce que je vise."

Il y eut un silence. Cinq places vides, une place occupée. La barricade avait ses effectifs au complet pour la nuit fatale.

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